La découverte d'un drone équipé d'explosifs à proximité d'un avion-cargo ukrainien à l'aéroport allemand de Leipzig-Halle a déclenché une opération de déminage et entraîné d'importantes perturbations du trafic aérien.
En Allemagne, la police a procédé à une opération de déminage à l’aéroport de Leipzig-Halle, après la découverte d’un drone sur le tarmac à proximité d'un avion-cargo ukrainien. L'incident a entrainé des mesures de sécurité, contraignant de nombreux vols à être déroutés.
"Peu avant minuit, un objet volant non identifié a été repéré à proximité de l'aéroport de Leipzig-Halle, ce qui a conduit au déroutement de plusieurs appareils, dont un avion de ligne, vers d'autres aéroports", a précisé la police.
L'un des avions, un avion-cargo de DHL dont l'atterrissage à l'aéroport avait été annulé, est ensuite entré en collision en vol avec un drone. Selon le quotidien Bild, l'engin aurait été percuté à environ six kilomètres de l'aéroport, subissant de légers dommages au niveau du nez, constatés après son atterrissage sans incident à l'aéroport de Hanovre.
Un porte-parole de l'OTAN a ensuite confirmé qu'un drone équipé d'explosifs et d'un détonateur avait été découvert à proximité d'un appareil de la compagnie de fret ukrainienne Antonov Airlines.
L'objet a été soigneusement retiré du tarmac et détruit lors d'une explosion contrôlée.
Des images diffusées par une agence de presse locale montrent le robot démineur à proximité d'un avion d'Antonov aux couleurs de l'Ukraine, jaune et bleu, portant l'inscription "Be Brave Like Kherson" ("Soyez courageux comme Kherson"), en référence à cette région ukrainienne durement frappée par les attaques russes.
Le porte-parole de la police, Olaf Hoppe, a précisé à Euronews qu'au moment où le drone avait été signalé, un objet avait été découvert dans la zone de la piste sud et examiné par la police fédérale.
Une analyse aux rayons X a ensuite permis d'établir qu'il s'agissait d'un drone.
L'aéroport de l'est de l'Allemagne joue un rôle clé dans le transport de matériel militaire, notamment pour l'armée allemande et les alliés de l'Otan. Il sert également de base à la compagnie ukrainienne Antonov Airlines.
Le trafic normal à l'aéroport a repris dans les premières heures de mercredi, mais uniquement sur la piste nord, tandis que les enquêteurs recherchaient des indices sur la piste sud.
Une série de signalements de drones
L'Allemagne et d'autres pays européens ont à plusieurs reprises observé des drones survolant des sites sensibles, tels que des aéroports, des bases militaires et des installations industrielles.
Les autorités allemandes, dont le pays est l'un des principaux soutiens militaires de l'Ukraine, ont indiqué soupçonner la Russie d'être à l'origine de nombreux incidents, dans le cadre d'une campagne de sabotage, d'espionnage et de désinformation.
En juillet 2024, un colis avait pris feu au sol à l'aéroport de Leipzig avant de pouvoir être chargé à bord d'un avion-cargo de DHL, un incident qui s'inscrivait, selon les services de sécurité, dans un possible complot de sabotage par incendie lié à Moscou.
La Russie a démenti être impliquée dans de tels incidents.
L'an dernier, un ressortissant chinois a été condamné pour avoir transmis à un homme soupçonné d'espionner pour le compte de Pékin des informations sur les horaires de vols et les mouvements de fret à l'aéroport de Leipzig-Halle.
En octobre dernier, des médias locaux ont rapporté qu'un dispositif laser avait été installé à proximité de l'aéroport de Munich afin de protéger les installations contre les signalements de drones. Cette mesure est intervenue après la fermeture de l'aéroport pendant deux jours consécutifs en raison d'observations de drones suspects.
En novembre, les opérations aériennes à l'aéroport de Berlin-Brandebourg ont été interrompues pendant environ deux heures après le signalement d'un drone dans son espace aérien.
Les incidents impliquant des drones non identifiés dans l'espace aérien allemand sont en hausse. Selon le service allemand de la navigation aérienne DFS, 144 survols de drones ont été enregistrés l'an dernier, dont 35 incidents concentrés autour de l'aéroport de Francfort.